Le Canon de la Bible

 

"...Le mot " canon " signifie " règle à mesurer ". Le canon est la règle qui permet de distinguer les livres inspirés des autres. Les livres qui ont été admis dans l'Ecriture Sainte sont les livres " canoniques ". Ce sont les livres dont l'autorité est reconnue. Cette reconnaissance s'est faite progressivement, tout au long d'une histoire que nous connaissons mal. C'est seulement au premier siècle de l'ère chrétienne que les autorités religieuses du Judaïsme ont éprouvé le besoin de fixer le nombre des livres " qui souillent les mains ", autrement dit dont le caractère sacré est reconnu...Le canon est donc aussi la règle de foi et de vie des croyants..." Fragment tirés de: http://www.lueur.org/textes/canon-ancien-testament.html

 

Le canon de l'Ancien Testament

"...On peut distinguer trois étapes dans la formation de l'Ancien Testament :

 1 ) les récits anciens et les proclamations orales des hommes de Dieu qui ont fourni en quelques sorte la " matière première " des livres de l'Ancien Testament,

 2) la rédaction de ces livres dans leur forme actuelle,

 3) la sélection des livres qui ont été reconnus inspirés et leur rassemblement en un volume. Cette troisième étape est la " canonisation " des livres de l'Ecriture, c'est-à-dire la formation du canon...

 

 La Loi, les Prophètes et les Ecrits

 Comme nous avons déjà vu  les livres de l'Ancien Testament hébreu sont groupés en trois parties : la Loi (ou Tora), les Prophètes et les Ecrits (kéthubim).

 A l'époque du Christ, le caractère inspiré de la Loi et des Prophètes était reconnu depuis longtemps, ce qui explique que Jésus et les apôtres emploient souvent l'expression " la Loi et les Prophètes " (Mat. 5 :17). La plupart des Ecrits étaient aussi acceptés comme Ecriture Sainte, surtout les Psaumes, que Jésus et les apôtres citent fréquemment. Dans Luc 24:24, il est question de : " la Loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes ".

La Loi

Nous avons vu, dès leur origine, que les lois promulguées par Moïse étaient revêtues de l'autorité divine. Mais nous ne savons pas quand l'ensemble des livres de la Loi, la Tora en tant que livre, a été reconnue comme Ecriture Sainte sous sa forme actuelle. La première référence au livre de la Loi se trouve dans 2 Rois 22 et 23, au moment où ce livre fut retrouvé dans le Temple, au temps de Josias. Mais cette loi était plus ancienne. Elle ne semble pourtant pas avoir joué un rôle important, en tant que livre, au temps de la conquête, des juges et des premiers Rois...Après l'exil, l'autorité de la Loi écrite est démontrée par le récit de Néhémie 8. la lecture solennelle de la Loi marque un renouvellement de l'Alliance...

Les Prophètes

Les Prophètes ont parlé de la part de Dieu. Cependant, les exemples d'Amos et de Jérémie montrent que l'autorité divine de leur message a parfois été contestée de leur vivant. Ce n'est donc que plus tard qu'ils ont trouvé place parmi les livres inspirés...

Les Ecrits

Bien avant que l'ensemble des écrits ne soit fixé, la plupart de ces livres étaient reconnus comme inspirés. Un texte de 2 Macchabées 2:13 mentionne les " livres de David " à côté de l'histoire des rois et des prophètes. Daniel, les Psaumes, les Proverbes, Job, Esdras et Néhémie étaient lus dans les synagogues avant l'ère chrétienne. Par contre, des doutes subsistaient quant à d'autres livres. Esther, l'Ecclésiaste et le Cantique des cantiques. On ne peut donc pas savoir de façon certaine quels sont les " autres livres " dont parle le traducteur de l'Ecclésiastique (livre apocryphe), à côté de la Loi et des Prophètes, qui sont considérés canonniques au IIè siècle avant Jésus-Christ...

Les livres apocryphes

Une des raisons du synode de Jamnia était le fait que certains Juifs considéraient comme inspirés d'autres livres que ceux qui ont pris place dans la Bible hébraïque. Ce sont les livres que nous appelons " apocryphes " (mot qui veut dire : " cachés ") et que les Bibles catholiques ont gardés...Chez les Juifs dispersés dans le monde gréco-romain, et spécialement à Alexandrie en Egypte, un certain nombre de livres religieux ont vu le jour. Ces livres ont été le plus souvent écrits en grec ou traduits de l'hébreu en grec ; en tous cas, nous ne les possédons plus qu'en grec. Ces livres étaient donc surtout lus par des Juifs d'expression grecque hors de la Palestine. En Palestine, par contre, là où on comprenait mieux l'hébreu, les autorités juives faisaient preuve d'une plus grande réticence à reconnaître le caractère inspiré de ces livres ; c'est ce point de vue qui a prévalu à Jamnia. Par contre, ils ont été ajoutés à la Bible grecque des Septante et la plupart des premières communautés chrétiennes les connaissaient...

 Par contre, ...Les Réformateurs sont revenus au canon juif, excluant les apocryphes (bien que Luther ait estimé que ces livres étaient utiles à lire, il affirmait que les apocryphes ne pouvaient servir de règle pour la foi et la pratique chrétiennes). Les premières Bibles protestantes imprimaient souvent les apocryphes, mais à part des autres livres. Plus tard, on a simplement cessé de les inclure dans nos Bibles..."

Fragments tirés de: http://www.lueur.org/textes/canon-ancien-testament.html

 

 

Le canon du Nouveau Testament 

 

"...Le canon est pour nous la liste des livres inspirés, reconnus comme " Ecriture Sainte ". Le canon du Nouveau Testament contient 27 livres. Il n'est pas surprenant que les quatre Evangiles en fassent partie puisqu'ils contiennent les récits de la vie de Jésus, ainsi que ses paroles. Mais on sait que d'autres " évangiles " ont été écrits. Il faut alors se poser la question : " Pourquoi ces quatre-là et pas les autres ? ". Cette question se pose également en ce qui concerne les épîtres, puisque les apôtres ont écrit d'autres lettres que celles qui font partie du Nouveau Testament.

Nous sommes beaucoup mieux renseignés sur la formation du canon du Nouveau Testament que sur celle du canon de l'Ancien. En effet, nous connaissons de nombreux ouvrages d'auteurs chrétiens du IIè siècle (et même de la fin du Ier siècle), si bien que nous savons comment le problème s'est posé à l'Eglise de cette époque et pourquoi elle n'a retenu que les 27 livres du Nouveau Testament...

...

Nous avons vu, dans les deux dernières études, comment chaque livre du Nouveau Testament a été écrit (dans la mesure de ce que nous pouvons en savoir - ce qui peut être beaucoup, comme dans le cas de la 1ère épître aux Corinthiens, ou peu comme dans celui de l'épître aux Hébreux).

Chaque livre a été écrit séparément. les auteurs, les destinataires, les dates, les circonstances varient d'un livre à l'autre. Nous savons cependant que tous les livres qui composent le Nouveau Testament ont été écrits dans la seconde moitié du Ier siècle...

Divers témoignages de la première moitié du IIème siècle montrent que les livres des apôtres étaient lus dans les Eglises (Justin Martyr parle des " mémoires des apôtres et de leurs disciples ")...On ne peut donc imaginer les premiers chrétiens diffusant dans le monde entier les écrits des apôtres dont ils avaient connaissance...bientôt l'ensemble des livres que nous connaissons se sont retrouvés groupés et répandus dans tout l'empire romain...Il faut signaler que dans certaines Eglises, on connaissait et on lisait d'autres livres chrétiens qui n'ont pas été admis dans le Nouveau Testament..."

Les livres chrétiens non-canoniques

On sait, généralement par des citations, car le texte complet a souvent été perdu, que d'autres évangiles ont été écrits, outre ceux de Matthieu, Marc, Luc et Jean. L'un d'entre eux, " l'Evangile selon Saint-Thomas ", nous est maintenant mieux connu, car on en a trouvé une copie, dans une traduction copte, en 1946 en Egypte...

...

Parmi les autres ouvrages qui ont été lus et respectés par de nombreux chrétiens au IIème siècle, on peut citer :

L'épître de Clément de Rome à l'Eglise de Corinthe (vers 96). Clément s'inspire de l'enseignement de Paul, de Jacques et de l'épître aux Hébreux. Sa lettre était lue lors des cultes de l'Eglise de Corinthe vers 170.

La Didaché (ou Enseignement des douze apôtres) est un recueil de préceptes de morale chrétienne et d'instructions sur le baptême, la cène et les pasteurs, datant du début du IIème siècle.

L'épître de Barnabas, qui a quelques points communs avec l'épître aux Hébreux, a sans doute été écrite à Alexandrie vers 130.

Le Pasteur d'Hermas, ouvrage du IIème siècle, par Hermas, frère de l'évêque Pie de Rome. C'est une sorte d'Apocalypse.

L'Apocalypse de Pierre, qui contient deux visions, l'une du ciel, l'autre de l'enfer. Elle a été écrite vers 150.

Ces livres jouissaient d'une haute estime dans certaines Eglises au moins, puisque des auteurs chrétiens du IIème ou du IIIème siècle les classent dans l'Ecriture Sainte.

Parmi les autres ouvrages du IIème siècle qui ont exercé une grande influence dans l'Eglise, on peut citer les épîtres d'Ignace d'Antioche, celle de Polycarpe, évêque de Smyrne, les apologies de Justin, etc...

 

 


 

La formation du canon

"...

La première liste de livres reçus est le " canon de Muratori ", un document latin de 170 environ, malheureusement en mauvais état. Il nous fait connaître quels étaient les livres reçus comme inspirés par l'Eglise de Rome dans la deuxième moitié du IIème siècle. L'épître aux Hébreux n'y est pas citée (l'état du texte ne permet pas de savoir si Jacques et II Pierre sont inclus).

 Rédigé en latin au VIIe ou VIIIe siècle, il est la traduction d'un original en grec dont l'origine et la datation sont débattues. Une référence au Pasteur d'Hermas et à l'évêque de Rome Pie (140-155) l'ont fait situer à la fin du IIe siècle ou au début du IIIe siècle avec une origine romaine, ce qui l'a longtemps fait considérer comme la plus ancienne ébauche de canon néotestamentaire

Le texte est malheureusement mutilé : le début et la fin du manuscrit sont manquants.

Il commence par une phrase incomplète qui peut être une référence plausible à Marc. Viennent ensuite Luc et Jean (qu'il cite respectivement comme 3e et 4e évangiles). Matthieu était probablement repris dans la partie manquante. Il attribue 13 lettres (épîtres) à Paul dans l'ordre suivant: Corinthiens I et II, Éphésiens, Philippiens, Colossiens, Galates, Thessaloniciens I et II, Romains, Philémon, Tite et Timothée I et II. Les deux épîtres de Jean, celle de Jude, la Sagesse de Salomon, l'Apocalypse de Jean et celle de Pierre reçoivent son approbation (bien que ce dernier texte semble être rejeté par plusieurs fidèles). L'auteur cite également quelques ouvrages considérés par ses contemporains comme des faux tels que les « lettres aux Laodicéens ». Tiré de: https://fr.wikipedia.org/wiki/Fragment_de_Muratori

 

 LA TRADUCTION DU FRAGMENT DE MURATORI

Le début du texte est mutilé et devait comporter une notice sur l’Évangile de Matthieu et sur celui de Marc, puisque le paragraphe concernant Marc (qui devait donc être présent sur la partie manquante du manuscrit) se termine ainsi:

"[Marc s’est conformé aux prédications de Pierre, à celles] du moins auxquelles il fut présent, et a rédigé d’après cela".

" ... Troisième livre de l’Evangile, selon Luc. Luc, ce médecin, après l’ascension du Christ, alors que Paul l’avait pris auprès de lui en tant qu’expert en droit, en son nom pense-t-on, écrivit.

Il n’avait pourtant pas vu lui-même le Seigneur dans la chair. Et pourtant, dans la mesure où il put y réussir, il entreprit de dire, en commençant par la nativité de Jean.

Quatrième livre de Evangiles, de Jean, l’un des disciples. A ses co-disciples et aux évêques qui l’exhortaient, il dit:   " Jeûnez avec moi un triduum, et ce qui sera révélé à chacun, nous le narrerons les uns aux autres. "

La même nuit, il fut révélé à André, l’un des apôtres, que Jean, avec l’assentiment de tous, en leur nom décrirait toutes choses.

C’est pourquoi, alors que divers sont les principes enseignés par chacun des livres des Evangiles, ils ne diffèrent en rien pour la foi des croyants, puisque c’est par un esprit unique et principal que toutes choses sont déclarées, sur la nativité, la passion, la résurrection, la conversation avec ses disciples et sa venue géminée, la première, méprisée, en humilité, qui a eu lieu, la seconde, glorieuse, avec la puissance royale, qui aura lieu.

Quoi d’étonnant, si Jean profère avec tant de constance chacune de ces choses dans ses lettres, disant de lui-même: " Ce que nous avons vu de nos yeux, et avons entendu de nos oreilles, et que nos mains ont palpé, ces choses nous vous les avons écrites. " Ainsi, en effet, il ne se confesse pas seulement voyant et auditeur, mais aussi écrivain, dans l’ordre, de toutes les choses merveilleuses du Seigneur.

D’autre part, les actes de tous les apôtres ont été écrits en un seul livre. Luc, à l’excellent Thèophile, fait comprendre que chacune de ces choses se passait en sa présence; il parle évidemment de la passion, laissée de coté, de Pierre, mais aussi de Paul partant de la ville pour l’Espagne.

D’autre part, les lettres de Paul, qui déclarent elles-mêmes, pour ceux qui voulaient comprendre, de quel lieu et pour quel motif elles ont été envoyées.

Avant tout, aux Corinthiens, interdisant les hérésies du schisme; ensuite aux Galates,[interdisant] la circoncision. Mais, aux Romains, faisant connaître l’ordre des Ecritures, et que leur principe est le Christ, il écrivit plus longuement.

De chacune, il est nécessaire pour nous de disputer, puisque Paul, le bienheureux apôtre, suivant l’ordre de son prédécesseur Jean, n’écrit nominativement qu’à sept Eglises, sous cet ordre: aux Corinthiens la première, aux Ephésiens la deuxième, aux Philippiens la troisième, aux Colossiens la quatrième, aux Galates la cinquième, aux Thessaloniciens la sixième, aux Romains la septième. Bien que, pour correction, il répète aux Corinthiens et aux Thessaloniciens.

Pourtant, une seule Eglise répandue par toute la terre peut être discernée. Jean aussi, en effet, dans l’Apocalypse, bien qu’il écrive à sept Eglises, parle pourtant à toutes. [Puis] à vrai dire, à Tite une, à Timothèe deux, pour l’affection et la dilection; elles sont pourtant sanctifiées, à l’honneur de l’Eglise catholique, à l’ordonnancement de la discipline ecclésiastique.

On parle aussi d’une lettre aux Laodiciens et d’une aux Alexandrins, forgées sous le nom de Paul pour l’hérésie de Marcion, et de plusieurs autres, que l’on ne peut recevoir dans l’Eglise catholique. Le fiel en effet ne doit pas être mélangé avec le miel.

Par contre, la lettre de Jude et deux lettres signées de Jean doivent être retenues dans l’Eglise catholique, de même que la Sagesse écrite par des amis de Salomon en l’honneur de celui-ci.Nous recevons seulement les Apocalypses de Jean et de Pierre; celle-ci, à vrai dire, certains des nôtres ne veulent pas qu’elle soit lue dans l’Eglise.

Le Pasteur maintenant; bien plus récemment, en nos temps, Hermas l’écrivit à Rome, alors que siégeait dans la chaire de l’Eglise de la ville de Rome son frère, l’évêque Pius.

C’est pourquoi il convient sans doute de le lire, mais il ne peut être rendu public au peuple dans l’Eglise, ni entre les prophètes, ni entre les apôtres à la fin des temps.

D’arsinous par contre, ou de Valentin et de Miltiade, nous ne recevons absolument rien, qui ont écrit aussi un nouveau livre de Psaumes pour Marcion, avec Basilide [et] l’Asien fondateur des cataphrygiens..."  Tiré de: http://bibletalks.blogspot.ca/2011/08/fragment-du-canon-de-muratori.html

 

Au début du IIIème siècle, Clément d'Alexandrie a écrit un commentaire sur tous les livres du Nouveau Testament, à l'exception de Jacques, II Pierre et III Jean. Mais Clément reconnaissait comme inspirés le Pasteur d'Hermas et l'Apocalypse de Pierre.

A cette époque, la très grande majorité des Eglises reçoit l'ensemble des livres du Nouveau Testament. Ici et là des doutes subsistent sur tel ou tel livre, principalement Jacques, II Pierre, II et III Jean, mais aussi l'épître aux Hébreux, surtout en occident, alors qu'en Syrie et en Palestine, c'est l'Apocalypse qui est en question. Les autres livres, tels Clément de Rome, Hermas, la Didaché, l'Apocalypse de Pierre sont jugés utiles, mais non inspirés (c'est ce que déclare le grand théologien Origène au IIIème siècle)...

Un grand laps de temps s'est écoulé entre la rédaction des livres du Nouveau Testament et la déclaration officielle de l'Eglise reconnaissant leur caractère inspiré...

Fragments tirés de: http://www.lueur.org/textes/canon-nouveau-testament.html

 

 Pour plus de détails sur la formation du Canon du NT relire au complet l'article ci-haut mentionné et se référer aux  sites énumérés ci-bas

 

VOIR:  Canon (Bible)

 

http://alephetomega.blogspot.ca/2010/09/le-canon-biblique-ses-variations-et-la.html

http://www.sources-chretiennes.mom.fr/upload/doc/Tableau_TM_LXX_Vg.pdf

https://archive.org/details/historyofthecano00reusuoft

https://www.promesses.org/pourquoi-66-livres-le-canon/

http://blog.decouvrirlislam.net/Home/christianisme/bible/quel-canon-biblique-est-la-parole-de-dieu-

 https://www.universdelabible.net/la-bible/le-canon-biblique

 

 http://earlychristianwritings.com/muratorian.html

 


 

Le Canon des différentes Eglises selon la TOB 2010


 

Le Canon hébraique

 

http://hlybk.pagesperso-orange.fr/bible/canon.htm

  

Le canon du TaNaKh hébraïque

 «les livres »  de la Bible ont été rédigés au coup par coup et ils s’échelonnent sur une longue période de temps. L’intitulé grec "Biblia" est à l’origine un neutre pluriel signifiant «petits livres»; les auteurs latins n’en ont fait un féminin singulier qu’après la réunion de tous ces livres en un seul ensemble, ce pourquoi l’usage moderne hésite toujours entre «Écriture» et «Écritures». Le problème de l’appartenance de certains livres au TaNaKh est compliqué par son histoire dans le judaïsme puis dans le christianisme. Non seulement l’utilisation du  terme «canon» pour désigner la liste officielle des textes  sacrés est un phénomène assez tardif dans l’histoire de la communauté juive, mais l’idée même d’une liste définitivement fixée n’est venue qu’après une longue évolution.

On ignore en fait quand et comment s’est faite la première compilation des écritures sacrées en hébreu. Dans le Second Livre des Rois, il est rapporté que sous le règne de Josias, « le grand-prêtre Hilquiyahou dit au scribe Shaphan : “J’ai trouvé dans la Maison du seigneur le livre de la Loi”. » Cela présupposerait clairement l’existence d’un recueil de ce genre en 622 av. J.-C. Malheureusement, l’événement et le recueil sont impossibles à cette date, et certains critiques ont même supposé que toute cette histoire avait été inventée après coup pour exphquer la composi­tion de sections de la Torah, incluant tout ou partie du Deutéronome. En tout état de cause, il semble évident que le Pentateuque — ou au moins ses quatre premiers livres — ait été rassemblé à Jérusalem avant cette époque.

La division entre Torah, Nebî’îm et Kethoubîm pour­rait refléter des étapes dans l’histoire de la constitution du canon du TaNaKh. Ainsi, la Loi — la Torah (avec ou sans le Deutéronome) — a peut-être été la première à former le canon ; puis vinrent les Nebî’îm, forme écrite du message des prophètes; puis enfin les Kethoubîm, c’est-à-dire les autres écrits dont le statut et les perspectives étaient restés douteux. Par contre, certains historiens de l’anden Israël et du canon du TaNaKh tendent à remettre en question cette interprétation. On pourrait évidemment parler avec plus d’autorité si l’on connaissait le contenu des rouleaux que mentionnent Esdras et Néhémie sous l’appellation générale de «Loi». Une tradition juive tardive veut qu’une «Grande assemblée se soit constituée au temps d’Esdras et de Néhémie pour établir le canon de la Bible. Bien que cette tradition ait joui d’une grande diffusion et d’un grand crédit, à la fois chez les juifs et chez les chrétiens, la plupart des historiens tendent aujourd’hui à douter de sa fiabilité, car il est évident, d’après d’autres sources plus crédibles, que l’extension exacte du TaNaKh a continué d’être un pro­blème pour les juifs (puis pour les chrétiens) longtemps après le travail d’Esdras et de Néhémie.

On peut au moins avancer en toute sérénité les points suivants: diverses compilations d’écritures sacrées ont été établies très tôt dans l’histoire d’Israël, comme on peut l’inférer d’après des expressions comme «les livres», mais elles n’auraient constitué un «canon» que beaucoup plus tard. Ce terme de canon pourrait peut-être s’appliquer aux livres qui semblent avoir été recensés et acceptés en tant que tels lors de l’assemblée rabbinique de Yabnéh, vers 90 ou 100 de notre ère, organisée sous la direction de Rabbi Aqiba? Jusqu’à cette réunion, le statut du Cantique des cantiques et de l' Ecclésiaste semble être resté flou ; à Yabnéh, ils furent intégrés au canon du TaNaKh. Sur le plan formel, le canon hébraïque de la Bible finit par inclure les trois divisions de la Torah, des Nebî’îm et des Kethoubîm, tels que nous les avons présentés plus haut; mais dans ce canon, la Torah a tenu — et tient toujours — une place spéciale de « canon dans le canon ».

De nouvelles lumières sur le processus de formation du canon hébraïque sont venues avec la découverte des «manuscrits de la mer Morte». Les fragments exhumés suggèrent en effet que la Torah et les Nebî’îm ont été «standardisés» vers le IVe siècle av. J.-C., avec une bonne partie des Kethoubîm, mais que certains de ces derniers (incluant apparemment le Livre de Daniel) étaient toujours en discussion au moment de l'assemblée de Jamnia *. Après la chute de Jérusalem en 70 de notre ère et l’essor du mouvement chrétien, la communauté juive se sentit obli­gée, en serrant les rangs, de fixer plus précisément les limites de sa Bible. C’est ce qui fait que certains livres d’abord incorporés furent ensuite exclus, et réciproque­ment.

Des récits sacrés de cet ensemble de livres et de la foi qu’ils exposaient sont sorties les trois grandes religions monothéistes de la planète : le judaïsme, le christianisme et l’islam. C’est ainsi qu’Abraham est effectivement devenu «le père de tous ceux qui ont la foi  : père du peuple d’Israël par son fils Isaac, l’enfant de la promesse ; père des chrétiens par Jésus Christ qui déclarait aux Juifs : « Abra­ham votre père a exulté à l’idée de voir mon jour, et il l’a vu, et il s’est réjoui ; et père, par son premier-né Ismaël, du peuple de l’islam à qui il est ordonné, dans son Coran, de se rappeler..."


* Aujourd’hui Yebnah, non loin déjaffa (N.d.t.).

  (Texte tiré du livre "A qui appartient la Bible", pp. 69-72, Yeroslav Pelican, biblio de Laval, Germ. Guèv. 220.09P384a)

 

Le canon juif

Le Canon de la Bible chrétienne

 

 LE CANON DE LA BIBLE CHRÉTIENNE SELON AUGUSTIN

(De doctrina Christiana)  A.D.397

BOOK II.

Chap. 8.—The canonical books

12. But let us now go back to consider the third step here mentioned, for it is about it that I have set myself to speak and reason as the Lord shall grant me wisdom. The most skilful interpreter of the sacred writings, then, will be he who in the first place has read them all and retained them in his knowledge, if not yet with full understanding, still with such knowledge as reading gives,—those of them, at least, that are called canonical. For he will read the others with greater safety when built up in the belief of the truth, so that they will not take first possession of a weak mind, nor, cheating it with dangerous falsehoods and delusions, fill it with prejudices averse to a sound understanding.

Now, in regard to the canonical Scriptures, he must follow the judgment of the greater number of catholic churches; and among these, of course, a high place must be given to such as have been thought worthy to be the seat of an apostle and to receive epistles. Accordingly, among the canonical Scriptures he will judge according to the following standard: to prefer those that are received by all the catholic churches to those which some do not receive. Among those, again, which are not received by all, he will prefer such as have the sanction of the greater number and those of greater authority, to such as are held by the smaller number and those of less authority. If, however, he shall find that some books are held by the greater number of churches, and others by the churches of greater authority (though this is not a very likely thing to happen), I think that in such a case the authority on the two sides is to be looked upon as equal.

13. Now the whole canon of Scripture on which we say this judgment is to be exercised, is contained in the following books:—Five books of Moses, that is, Genesis, Exodus, Leviticus, Numbers,Deuteronomy; one book of Joshua the son of Nun; one of Judges; one short book called Ruth, which seems rather to belong to the beginning of Kings; next, four books of Kings, and two of Chronicles, these last not following one another, but running parallel, so to speak, and going over the same ground. The books now mentioned are history, which contains a connected narrative of the times,and follows the order of the events.

There are other books which seem to follow no regular order, and are connected neither with the order of the preceding books nor with one another, such as Job, and Tobias, and Esther, and Judith, and the two books of Maccabees, and the two of Ezra, which last look more like a sequel to the continuous regular history which terminates with the books of Kings and Chronicles.

Next are the Prophets, in which there is one book of the Psalms of David; and three books of Solomon, viz., Proverbs, Song of Songs, and Ecclesiastes. For two books, one called Wisdom and the other Ecclesiasticus, are ascribed to Solomon from a certain resemblance of style, but the most likely opinion is that they were written by Jesus the son of Sirach. Still they are to be reckoned among the prophetical books, since they have attained recognition as being authoritative.

The remainder are the books which are strictly called the Prophets: twelve separate books of the prophets which are connected with one another, and having never been disjoined, are reckoned as one book; the names of these prophets are as follows:—Hosea, Joel, Amos, Obadiah, Jonah, Micah, Nahum, Habakkuk, Zephaniah, Haggai, Zechariah, Malachi; then there are the four greater prophets, Isaiah, Jeremiah, Daniel, Ezekiel.

The authority of the Old Testament is contained within the limits of these forty-four books.

 

That of the New Testament, again, is contained within the following:—Four books of the Gospel, according to Matthew, according to Mark, according to Luke, according to John; fourteen epistles of the Apostle Paul—one to the Romans, two to the Corinthians, one to the Galatians, to the Ephesians, to the Philippians, two to the Thessalonians, one to the Colossians, two to Timothy, one to Titus, to Philemon, to the Hebrews: two of Peter; three of John; one of Jude; and one of James; one book of the Acts of the Apostles; and one of the Revelation of John.

 

 (Cet extrait est tiré du chap. 8, Book II, De Doctrina Christiana) ON CHRISTIAN DOCTRINE, IN FOUR BOOKS by St. Augustine

This etext is in the public domain.

http://www.ntslibrary.com/PDF%20Books/Augustine%20doctrine.pdf

 

INTRODUCTORY NOTE BY THE EDITOR

The four books of St. Augustine On Christian Doctrine (De Doctrina Christiana, iv libri) are a commend of exegetical theology to guide the reader in the understanding and interpretation of the Sacred Scriptures, according to the analogy of faith. The first three books were written A. D. 397; the fourth was added 426


 

LES DATES DE L'ÉTABLISSEMENT DU CANON

 

 313 : Édit de Milan
L’Édit de Milan est un édit de l’empereur Constantin qui met fin aux persécutions contre les chrétiens. Contrairement à la croyance populaire, il ne fait pas du christianisme la religion officielle de l’empire. Cet événement n’a rien à voir directement avec le canon, mais il va permettre aux évêques d’avoir de grands rassemblements sans craindre les autorités. Ce sera le début des grands conciles œcuméniques et des conciles régionaux qui vont permettre à l’Église d’avoir une Foi plus universelle. La question du canon de la Bible va elle aussi se développer dans ces conciles.

367 : La lettre d’Athanase
Dans sa lettre de Pâques 367, Athanase, alors évêque d’Alexandrie, dressa une liste des 27 livres du Nouveau Testament semblable à la liste actuelle. En plus, il a utilisé le terme « canonique » (kanonizomena) pour les décrire.

382 : Le Concile de Rome
Dans le Decretum Gelasianum, le pape Damase a donné une liste des 73 livres (Ancien et Nouveau Testament) canoniques identiques à celle de nos Bibles catholiques actuelles. Depuis cette date, le Canon de la Bible catholique ne subira aucune modification et les prochains conciles ne feront que réaffirmer ce Canon. Ce décret contient aussi une grande liste d’écrits à considérer comme apocryphes. Le concile de Rome n’étant pas un concile œcuménique (universel) mais régional, les discussions sur le canon vont se poursuivre dans les siècles suivant.

393 : Le synode d’Hippone
Le synode d’Hippone a eu lieu à Carthage au nord de l’Afrique et a été présidé par Saint Augustin. Il  a réaffirmé la liste du pape Damase.

397 : Le Concile de Carthage
Ce Concile réaffirme encore la liste du pape Damase, mais il exige aussi qu’en dehors des Écritures canoniques, rien ne doit être lu dans l’église sous le nom d’Écritures divines.

405 : La Vulgate
Saint Jérôme complète sa célèbre traduction de la Bible en latin appelée Vulgate. Cette Bible va demeurer la référence biblique de l’occident pendants plusieurs siècles. Bien qu’il semblait personnellement avoir certaines réservations sur certains livres présents dans la Septante (grec), qui ne sont pas dans la Bible hébraïque, tous les livres de la liste du pape Damasse ont été traduis dans sa Vulgate.

405 : Le pape Innocent I
Dans une lettre à un évêque gaulois, le pape Innocent I confirme un fois de plus la liste du pape Damase.

419 : Concile de Carthage
Un autre Concile (ou peut-être un synode) de Carthage (il y en eu plusieurs dan cette ville) réaffirme toujours la liste du pape Damase.

"Avant d’aller plus loin, vous remarquerez que nous allons faire un bond de plus d’un millénaire dans le temps. La raison de cela est que les conciles sont souvent des réactions à des problèmes qui surviennent dans l’Église. Donc, pas de problème concernant le Canon, pas de concile traitant du Canon. Vous avez pu constater par vous-même que dans les dernières dates mentionnées, on semble tourner en rond et toujours réaffirmer la même chose.  Cependant, cela va changer au 16e siècle, car nous assisterons à cette malheureuse déchirure dans le christianisme que fut la « Réforme » protestante.

1451 : Concile de Florence
Ce concile plein de péripétie dura pendant plus de 10 ans. Il débuta à Bâle, puis fut transféré à Ferrare et puis ensuite à Florence. Il réaffirmera aussi la liste des 73 livres du pape Damase de nos Bibles catholiques actuelles.

1534 : Martin Luther et la « Réforme » protestante
Martin Luther, un personnage clé de la Réforme protestante, avait certain doute sur les livres deutérocanoniques de l’Ancien Testament : les livres de Judith, Tobie, Sagesse, Ecclésiastique, Baruch, 1 et 2 Maccabées et des parties d’Esther et de Daniel. Dans sa traduction, il a relégué ces livres en appendice avec une mention apocryphe (non-inspiré). Cet usage de laisser ces livres en appendice  a demeuré dans plusieurs Bibles protestantes dans les siècles suivants, mais elle a cessé pour la majeure partie d’entre elles à partir du 19e siècle. Luther avait aussi certains doute sur les deutérocanonique du Nouveau Testament (ceux mentionnés dans cette chronologie d’Origène en 200), mais suivant l’avis de ses collègues, il les a quand même laissés dans sa traduction de la Bible. Il a cependant tenté de minimiser la pertinence de certain d’entre eux dans ses commentaires, comme par exemple la lettre de Jacques qu’il traitait d’ « épître de paille » et la lettre de Jude et l’apocalypse dont il disait qu’elles n’avaient pas de contenu évangélique.

1546 : Le Concile de Trente   http://www.bible-researcher.com/trent1.html
Pour faire face à la « Réforme », l’Église catholique a tenu le Concile de Trente. Ce concile est un des plus importants de l’Église. Plusieurs doctrines ont été définies de façon précise dont la question du Canon. L’Église a réaffirmé le même Canon de 73 livres qu’elle affirmait déjà plus de 1000 ans plus tôt. Ce concile étant œcuménique, il engageait toute l’autorité et s’appliquait à toute l’Église."

 

 

Texte tiré du site: http://www.foicatholique.com/2011/03/le-canon-de-la-bible-les-dates.html

http://orthodoxievco.net/ecrits/canons/table.htm

https://bible-service.net/extranet/current/pages/1111.html (livres deutero-orthodoxes)

 

http://earlychristianwritings.com/muratorian.html